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JANELLE MONAE – DIRTY COMPUTER

Juin 12, 2018 | Musique

L’ALBUM DIRTY COMPUTER

 

Être une jeune femme afro-américaine et pansexuelle*, de surcroît, n’est pas une tâche facile de nos jours aux États-Unis. En effet, l’actualité nord-américaine a été marquée par l’arrivée au pouvoir de Trump, mais aussi par la montée de mouvements tels que Black Lives Matter et Me Too. Ce n’est donc pas par hasard que Janelle Monae explore ces sujets à travers son nouvel album, Dirty Computer. Comment peut-on être différent et trouver sa place dans une société qui nous incite à rentrer dans un moule, une société enflammée par l’exclusion et la peur de l’autre?

Ne vous laissez pas tromper par le son pop, voire même trivial, des premières pièces. Il faut écouter cet album plusieurs fois et s’intéresser aux paroles, car Janelle Monae a un message sérieux à nous passer. Mais elle le fait à travers une musique rétro, pop et désinvolte, qui clash avec son message. Quoi de mieux pour se faire entendre? Je trouve ça ingénieux.

JANELLE MONAE : UNE ARTISTE À ÉCOUTER

 

C’est un album important, innovant, engagé et surtout sincère. Au lieu de répondre au racisme, au sexisme et à l’homophobie par l’agressivité, Janelle Monae se veut constructive. Et elle nous démontre à quel point «être différent» est en fait une force. Dirty Computer est teinté d’optimisme, d’amour et d’espoir. Une ode à la non-conformité et à l’ouverture d’esprit. Il s’inscrit comme une réponse venant à point, dans un monde où la tendance politique est au protectionnisme et à alimenter la peur de l’autre. Et c’est pour ça qu’il se classera définitivement comme un des meilleurs albums de 2018. J’ai tout de suite accroché avec des titres qui font du bien à l’âme comme Crazy Classic Life, Pynk (avec la canadienne Grimes) et Make me feel. Sous leurs sonorités pop, ce sont des chansons revendicatrices qui traitent de féminisme, de libération sexuelle, de confiance en soi et du droit de choisir sa propre voie. Sérieusement, faites-vous un petit cadeau lorsque vous avez une journée difficile. Allez prendre une marche, lancez Make me feel, une pièce aux influences funk. Mettez le volume de vos écouteurs au maximum et vous allez automatiquement retrouver le sourire!

Janelle Monae parle aussi de l’intimidation subie à l’école lorsqu’elle était jeune. Ses parents n’avaient pas d’argent pour lui acheter des vêtements neufs : elle avait donc son style bien à elle. À mon avis, elle est un modèle de confiance en soi et d’affirmation quand elle rap sur I like that : « I remember when you laughed when I cut my perm off and you rated me a six. I was like damn! But even back then with tears in my eyes, I always knew I was the shit.»

Et Dirty Computer culmine sur la dernière pièce, Americans, avec des affirmations inspirées d’un discours de Barack Obama :

 

Until women can get equal pay for equal work, this is not my America.
Until same gender loving people can be who they are, this is not my America.
Until black people can come home from a police stop without being shot in the head, this is not my America.
Until poor whites can get a shot at being successful, this is not my America.
Until Latinos and Latinas don’t have to run from walls, this is not my America.

Je pense qu’on ne peut pas faire plus clair. Merci Janelle Monae pour ce magnifique message d’espoir et d’inclusion.

Bonne écoute!

Alexandre

 

*pansexualité : orientation sexuelle caractérisant les individus qui peuvent être attirés, sentimentalement ou sexuellement, par une personne de n’importe quel sexe ou genre.

 

BON À SAVOIR :

  • Dirty Computer est le troisième album de Janelle Monae. J’ai découvert cette artiste en 2010, avec son excellent single Tightrope.
  • Janelle Monae a aussi démontré ses talents d’actrice dans le film Moonlight, qui a remporté l’Oscar du meilleur film en 2017. Elle a aussi joué dans l’excellent Hidden Figures.

 

MES RECOMMANDATIONS POUR DÉCOUVRIR JANELLE MANOE :

Alexandre Dessaint est natif du Nord Pas-de-Calais, région située au nord de Paris. En d’autres mots, c’est un « Ch’ti »! Débarqué à l’âge de 20 ans à Montréal pour ses études, il complète son bac en marketing au HEC et tombe entre temps amoureux de la ville, de son style de vie et de ses gens. Il est maintenant fier citoyen canadien depuis 2007 et travaille dans l’industrie du jeu vidéo depuis une dizaine d’année. Pour Alexandre, Montréal n’est pas uniquement une ville à visiter mais surtout une ville à vivre, une ville où il fait bon croquer dans la culture sous toutes ses formes. Mais vraiment ce qui l’allume par-dessus tout c’est la musique. Depuis son premier vinyle en 1988, il n’a cessé d’écouter un peu tout ce qui lui passait sous la main et se plait encore aujourd’hui à faire de nouvelles découvertes musicales. Sa collection musicale est assez éclectique et vous finirez donc toujours par y trouver quelque chose qui vous conviendra. C’est donc, à travers ce blogue qu’il se fera un plaisir de vous partager sa passion et ses coups de cœurs.